Chasser les fantômes… [Partie 2]

Deviens ce que tu es…

Chaque individu doit se réaliser, avoir la volonté d’être soi-même et d’aller jusqu’au bout sans renoncer à soi-même. … Nietzsche

1. Les fantômes ?

Ce que l’on appelle « fantômes » sont des identités virtuelles qui vivent dans l’inconscient. Ils sont créés lors de chocs émotionnels ou de non-dit, engendrant une modification de la personnalité. La psychologie transgénérationnelle définit le fantôme comme une structure psychique émotionnelle résultant d’un traumatisme qui ne peut être intégré par celui qui le vit. (Voir l’ange et le fantôme de Didier Dumas). L’attitude irrationnelle du comportement qui en résulte impacte la descendance qui se retrouve porteur du fardeau, avec devoir de le transmuter ou de le transmettre à nouveau. Il est dit qu’après quelques générations si le problème n’est pas réglé, la famille disparaît….

Les blessures émotionnelles entravent ceux qui les portent aussi longtemps qu’elles sont ignorées. Le temps qui passe les conduisant plus sûrement à la démence qu’à la rédemption. Les habitudes comportementales ou problèmes récurrents peuvent être un bon indicateur de ce qui est vécu intérieurement même quand ce qui est porté est inconscient. Héritées ou vécues, reconnaître ses névroses, les comprendre et les accepter mène à la libération de leurs emprises limitatives.

2. Développement personnel : faire un travail sur soi ?

Ce que l’on appelle travail personnel est une activité qui suscite depuis quelques années un intérêt croissant. Différent points de vue tentent d’expliquer cela : est-ce le développement normal de l’humanité qui pousse les individus à se poser des questions ? Un phénomène de mode dans certains milieux sociaux ?

David Wilcock dans son ouvrage « investigations sur le champ de conscience unitaire » voit dans ce phénomène une conjonction planétaire particulaire que les anciennes civilisations avaient prédit. L’énergie qui arrive sur la terre depuis 2012 pourrait permettre une transformation de la conscience… Dans les faits, le coaching, stage de développement, et autres pratiques ont le vent en poupe. Entreprendre une démarche pour s’améliorer est un point de départ nécessaire pour évoluer, essayons néanmoins d’en extraire le sens.

Nous avons abordé avec l’article « qu’est-ce que un maitre » plusieurs thématiques dont l’intérêt de se faire accompagner, il ne faut cependant pas perdre de vue certains principes : l’individu est le seul à posséder le pouvoir d’améliorer ce qu’il est ; personne au monde ne peut le faire à sa place. Il est tentant de remettre le contrôle de sa propre existence aux mains d’un être qui est idéalisé, bien sûr cela n’apporte rien, la libération de son propre territoire étant proportionnelle à l’effort personnel fourni pour le conquérir et uniquement due à celui-ci. Par ailleurs un guide ne propose jamais de solutions ou remèdes miracles, mais plutôt des épreuves et du travail

N’oublions pas que la pratique modifie les bases structurelles de la psyché, qui ne peut intégrer les nouvelles informations qu’une fois qu’elle les accepte. Pour celui qui chemine, le travail consiste à lever couche par couche les voiles qui masquent la réalité. Il est certainement plus juste d’imaginer la tâche d’un chercheur en archéologie, que d’un terrassier en travaux publics… Enfin entreprendre cette démarche conduit l’individu à devenir ce qu’il est en profondeur même si cela ne correspond pas à ce qu’il voudrait projeter ou représenter. Ici se trouve un nouvel obstacle : la décision d’entreprendre une activité afin de cheminer vers soi a été prise, parfois depuis plusieurs années, sans vouloir (pouvoir) changer quoi que ce soit de son attitude comportementale. Dans ce cadre-là, les actions qui sont menées ne pénètrent pas la profondeur de la conscience et malgré la bonne intention originelle il n’y a que très peu de progression autour de la problématique.

Points importants : Suivre une école sérieuse ne mène pas forcement à la réalisation de soi ; notre rapport au monde (externe) est le reflet de ce qui se vit en nous (interne) ; s’efforcer de faire des actions justes et conscientes au quotidien produit plus de bénéfices que n’importe quel enseignement.

Les ouvrages de l’écrivain Fréderic Lenoir sont à ce titre d’un grand intérêt, bien qu’abordant de grands thèmes philosophiques ou religieux, ses écrits sont mis à la portée du plus grand nombre. Dans « petit traité de vie intérieure », il propose des exemples et des explications sur la façon d’appréhender la vie :

« Être responsable de sa vie c’est mesurer l’importance de nos pensées, de nos paroles, et de nos actions ; c’est rester éveillé, en alerte, c’est ne pas vivre dans l’inconscience. Si nous commettons une erreur, si nous agissons mal, si nous nous trompons, reconnaissons-le et essayons, autant que possible de réparer cette erreur ».

Reconnaître ses propres imperfections permet de mieux les appréhender ; aussi sombres soient-elles, elles font partie de notre totalité et on eut un rôle au cours de notre développement, les accueillir est une étape indispensable dans le cursus de libération. Le travail ne consiste pas à se débarrasser d’un parasite, mais à raccompagner un invité.

3. Le merveilleux ?

Le développement de la personne est souvent lié à l’acquisition de pouvoirs divers, vestige des miracles inculqué par les religions. Il est probable que les grands éveillés abordent d’autres plans de conscience dans lesquels des facultés que l’on pourrait considérer comme surnaturelles leur sont accessibles. Pour autant celui qui chemine est loin de la science-fiction et s’il est une vertu qui est remarquable chez cet humain, c’est sa détermination à faire évoluer sa propre personne.

La voie demande de comprendre, de progresser pas à pas, chaque changement apporté au quotidien ouvrant l’espace dans lequel on évolue. L’enfant grandit pour devenir un adulte accompli, autonome dans ses décisions, responsable de ses actes. L’être croit tant qu’il est dans un processus d’apprentissage, une régression s’installe aussitôt que cette dynamique prend fin.

Le quotidien propose à chaque instant des occasions de mettre en pratique les valeurs que l’on fait siennes, dans l’action, seul temps où s’inscrit la réalité. Profitons de ces opportunités pour s’améliorer afin de devenir plus humain. Chaque petite victoire est un pas de plus vers le bonheur, la joie émane des choses simples au-delà de tout idéal conceptuel. Gagner chaque jour un peu plus de mieux-être et certainement l’intérêt majeur de toute démarche, l’individu ne pouvant être en harmonie avec son entourage qu’à la hauteur de la relation qu’il entretient avec lui-même.

Le merveilleux se manifeste quand l’adulte en devenir retrouve une curiosité bienveillante, qui découvre chaque jour avec le même intérêt, et qui dans son apprentissage, profite pleinement de l’expérience que la vie propose.

« Le bonheur c’est de continuer à désirer ce que l’on possède » — St Augustin

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