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Chapitre 9 : L’Odyssée de Ram

Nous arrivons sur une grande place qui a été aménagée pour l’occasion. Des rangées de chaises ont été disposées à droite et à gauche de ce qui forme une allée. Un peu plus loin sur la droite se trouve un petit temple puis quelques autres qui ont été spécialement aménagés pour l’occasion. Suivant religieusement Swamiji nous allons nous présenter devant chaque édifice, je l’assiste pendant qu’il récite des mantras et fait brûler des encens. Quand nous finissons les rituels nous arrivons devant un petit chapiteau qui abrite une estrade qui va servir de tribune aux conférenciers. Le maître est invité à ouvrir la cérémonie et on lui propose d’allumer une grande lampe à huile qui trône à côté de son pupitre… Pranava, Radju et moi sommes pris en charge avec beaucoup d’égards et on insiste pour que l’on s’asseye aux meilleures places. Quelques curieux commencent à s’approcher de cet auditorium de plein air, certains s’installent. Swamiji prend la parole :

« Hom Namah Shivaya, je suis heureux d’être parmi vous…

Celui dont le cœur est plein d’amour et de compassion, qui n’emploie que des mots plein d’attentions, celui qui a toujours un sourire sincère aux lèvres, tellement remplis d’humilité qu’on peut la voir dans ses yeux celui-là est un vrai humain ! Seulement celui qui est toujours agréable et qui marche toujours sur un chemin paisible trouvera la paix de l’âme et atteindra la réalisation. Chacun de ses actes sera un exemple que les autres pourront suivre. Chacune de nos actions doit être bonne et transparente. Lorsque d’autres font le sacrifice de prendre en charge nos problèmes nous devons leur être reconnaissant et ne jamais leur renvoyer nos frustrations. Toutes choses doivent être faites avec un cœur propre et pur, les actions menées dans la colère et la fureur n’emmènent jamais rien de bon. Tout acte doit être fait avec une pleine dévotion : que l’on fasse la charité que l’on rende un service ou que l’on s’occupe de son quotidien gardons toujours un cœur ouvert et heureux

Les anciens Rishi de l’Inde ont amené au monde leurs sagesses spirituelles afin que les générations à venir profitent de leurs connaissances pour qu’elles puissent orienter leurs vies vers la réalisation de Dieu. L’identité unique de la grande culture de l’Inde repose sur le système éducatif de GuruKula ; c’est l’un des plus grands dons que l’Inde ait pu faire au monde. Au centre de ce système éducatif ce trouvent les ashrams qui sont gérés par des âmes pieuses qui ont accomplis la réalisation du soi. Leurs valeurs ne doivent jamais être sous-estimées et c’est notre devoir de les soutenir. Les prières émanant de ses ashrams sont créées et récitées par des saints altruistes, elles répandent des idées nobles, de paix et de bonheur au monde entier, indépendamment des castes, des croyances, des religions ou des régions. Ils propagent l’idée d’égalité au sein de l’humanité. L’importance du Guru sur le chemin spirituel ne peut être évaluée car celui qui a réalisé sa propre omniscience et sa propre omnipotence, fond son identité avec tout l’univers et devient très grand. Cet enseignement Gurukula était le courant dominant de l’Inde Antique, il est absolument essentiel, de le rajeunir maintenant dans le monde contemporain. C’est le devoir de chaque être humain de le soutenir et de le maintenir. Afin que tous soit protégés par la puissance divine, dans l’amour et la bienveillance. Puissions-nous rendre le monde entier pacifique.

Merci pour votre écoute, Dieu vous bénisse. »

Suite à son intervention un spécialiste du mantra Yoga qui est assis dans un parfait lotus depuis son arrivée prend la parole. Il explique l’origine de sa pratique qui vient des vedas (textes anciens de l’inde), sa fonction est d’amener une vibration dans le corps énergétique en récitant et en répétant un texte donné.

La prononciation est très importante et il explique les différentes vocalises et leurs actions dans les centres énergétiques du corps humain. Il chante différents mantras en sanscrit et en Malayalam, décortique chaque tonalité et explique le lien de son action sur les différents chakras. Ce qu’il dit est très intéressant, il est passionné par son sujet, il va parler pendant plus d’une heure trente sans s’arrêter une seconde et sans changer sa position. Stupéfiant… La conférence terminée nous rejoignons Swamiji ; nous nous tenons un peu en retrait derrière lui pendant que plusieurs personnes viennent se prosterner devant lui pour lui toucher les pieds. Tous recevront une bénédiction. Leurs attitudes à notre égard seront diverses, toujours sympathiques, un peu curieuses. Un spectateur demande au Guru s’il peut se faire prendre en photo à nos côtés, bien sûr cela ne pose aucun problème, d’autres lui emboiterons le pas et nous nous retrouvons à poser avec plusieurs personne que l’on n’a jamais vu !…

L’averse vient de cesser, je marche dans une prairie verdoyante, l’herbe est grasse et épaisse, la promenade est agréable et une joie innocente habite mon cœur. Pourtant je me sens limité, un sentiment étrange m’empêche de profiter pleinement de ce que la vie me propose. Une sorte d’interdit de jouir du moment. Le plaisir représentant pour ma conscience un domaine maléfique qu’il me faut fuir pour ne pas avoir à souffrir. Une conviction profonde me fait penser qu’il enfante le malheur et qu’il faut payer les instants ou par manque de vigilance je m’y abandonne gratuitement… Un peu plus loin je rencontre deux jeunes avec qui je prends contact. De discussions en banalités, nous sympathisons ils m’invitent à participer à un jeu qu’ils aiment pratiquer. Je me laisse entrainer et profite en totale insouciance, le temps prend une autre dimension, une autre réalité. Soudain le ciel s’obscurcit, l’ambiance change, je sens qu’il se passe quelque chose, je peux lire la crainte dans les yeux de mes camarades je sais que quelque chose de grave, est en train de se passer, d’irréparable, nous sommes tous trois réfugiés derrière une barrière en bois au milieu de ce pré. Une angoisse montant le long de mon corps me paralyse, je sens mon cœur battre à tout rompre pendant qu’une boule qui grossit vient m’empêcher de respirer, je ne peux laisser émerger une angoisse  du fond de mes entrailles qui voudrait s’exprimer, elle implose à l’intérieur avec une telle puissance que j’en suis paralysé. J’étouffe, j’ai chaud, une transpiration acide coule de mes tempes, je voudrais ne pas être là, je suis coincé… Maintenant je me vois être, je vois mon corps marqué par la culpabilité voulant faire face, mon visage apeuré essayant de montrer un peu de dignité, je suis pitoyable entre mes 2 acolytes, je me sais coupable, je vais assumer la faute. Ce regard que je suis devenu maintenant ne me pardonnera rien je sens son jugement et sa détermination gronder… je suffoque, asphyxié dans les abimes de l’ampleur de ma faute, je suis terrifié,…je… NON !!…

A cet instant un sursaut me réveille, je suis assis sur mon lit dégoulinant de transpiration, le souffle encore un peu court, je peine à reprendre mes esprits. Que s’est-il passé ? Ce peut-il que ce soit simplement un cauchemar ? non ! Cette expérience me parle, et je l’ai vécu comme réelle, par ailleurs peu à peu, un sentiment de légèreté se propage à travers moi.  Un espace traumatique vient de disparaitre, un mieux-être peut prendre sa place, il est 3 heures du matin, je sais que mon corps vient de digérer une émotion qui traine depuis trop longtemps dans les tréfonds de mon existence. Un lien dont je n’avais pas conscience viens de céder, un sentiment d’une nouvelle liberté s’installe, je suis mieux …je me sens bien, je me rendors…

Bien que Swamiji ne fût au courant de mon « aventure », l’enseignement du matin me donna quelques explications :

« Vous avez fait le choix de suivre un chemin d’évolution ; Ce chemin consiste à adopter de nouveaux comportements, de nouvelles attitudes au quotidien. Cela demande une grande attention, car bien que vous soyez d’accord avec ce que je suis en train de vous dire et que je perçois votre envie d’y arriver, je sais qu’à la première situation inattendue vous réagirez selon vos vielles habitudes, vous pourriez même justifier votre comportement en prétextant que dans ce cas spécifique vous avez eu raison d’agir de la sorte… L’être humain se balade toute la journée avec un sac sur la tête et maudit ses yeux parce qu’il ne voit rien ! Il n’y a aucune bonne raison pour ne pas faire ce qui est juste. Les émotions ne doivent plus gérer votre vie, vous devez faire preuve de discernement pour cela le travail spirituel va vous aider. Vous êtes les victimes de vos névroses et de vos limitations, il vous faut quitter ce rôle et assumer votre responsabilité d’humain. En vous vous investissant dans cette quête votre niveau d’énergie ne va cesser de croitre, chaque fois que vous disposerez d’un potentiel suffisant de vielles blessures qui limitent votre potentiel, remonteront à la surface de façon à ce qu’elles soient retraitées et éliminées. Chaque victoire sur vous-même sera le point de départ d’une nouvelle quête : tel doit être votre chemin de vie : vertueux et spirituel.

Je vous prie de porter sur vous le regard le plus honnête qui soit, sans jugement, considérant chacune de vos limitations, il ne s’agit pas de condamner mais de mieux les appréhender afin de progresser, en adoptant cette attitude vous pourrez bannir ce dont vous ne voulez plus dans votre vie et vous vous donnerez les moyens d’être ce que à quoi vous aspirez.

Hom Namah Shivaya….»

A suivre…

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