Developpement-spirituel

Chapitre 2 : L’Odyssée de Ram

Quelques mois ont passé, depuis la rencontre avec Swamiji. Je sens cette présence, cette inéluctable conviction qu’un nouvel épisode, dans l’aventure de la recherche que j’ai entreprise, est en train de se mettre en place.

La méditation qui fait partie des 3 piliers de l’école d’aïkido où je pratique me semble de plus en plus importante et l’intègre complètement à mon programme d’exercices quotidien.

Je décide de m’inscrire à un stage « Vipassana » qui devrait se dérouler la semaine du 10 novembre, l’ouverture des inscriptions se fait à 6 h du matin un jour du mois d’août, la mienne est enregistrée à 6 h 15, mais je suis déçu car je suis déjà en liste d’attente. J’ai le sentiment que je serais pris, mais ce doute me pose quand même un problème ! Je me raisonne, mais suis déterminé à faire cette retraite de 10 jours… juste méditer, faire cette expérience, puisque c’est juste tout devrait rentrer dans l’ordre.

L’été sera très chaud, je passerais plusieurs soirées avec des amis, l’alcool ne me dira vraiment rien, j’en serais surpris, mais je n’en ai pas envie. Peut-être que j’ai peur d’altérer ce bien-être ou de baisser le niveau d’énergie qui habite mon corps depuis quelque temps. J’ai gardé le contact avec Pranava, un disciple Français de Swamiji et je suis enthousiaste à l’idée de pouvoir l’aider à accueillir « le Guru » fin septembre.

Deuxième stage avec Swamiji

Nous devons nous rejoindre vers 14 h dans le même lieu que la 1re fois, nous arrivons ensemble, la rencontre se fait devant la porte, de brèves salutations et nous rentrons. À l’intérieur il donne des directives à son dévot et explique que nous devons nous parler. Je l’accompagne dans le grand escalier en colimaçon vers l’étage au-dessus, dans la salle qui a été aménagée pour faire les  « Darshan ».

– « C’est bien, c’est très bien tu peux aider les gens… » Qu’est-ce que tu fais comme métier ? »

– « Je travaille pour moi dans un lieu touristique »

– « Hum, ok  il est possible que cela change d’ici un à deux ans ; tu vas avoir une opportunité, ne deviens pas pauvre, car sinon tu auras toujours des excuses, tu dois progresser sur la voie c’est ton devoir, sur ce chemin il n’y a pas d’indulgence, ni d’éloge, ou compliments c’est le dharma ».

Il me fait une longue séance de soin ; je ressens ces petits picotements derrière la nuque, les tempes qui cognent, une pression à l’intérieur de la boite crânienne, et cette sensation que les 50 cm tout autour de ma tête font partie de mon corps. Les vagues énergétiques sont puissantes, le temps est suspendu. Puis il me serre amicalement dans ces bras. Je comprends qu’il est temps de prendre congé :

– « Merci beaucoup Swami, ce partage est un superbe cadeau »

– « De rien, Dieu t’a donné l’opportunité, je vais installer ma chambre ».

Je l’accompagne, heureux de pouvoir le servir, je lui porte ses bagages et suis ses instructions afin d’être efficace et le plus discret possible. Ayant rejoint Pranava, nous finissons de préparer le repas que nous partagerons avec les propriétaires de cet hôtel particulier, nous passons un excellent moment et chacun profite des leçons que le maître enseigne à tous moments. Après quelque temps, il se dirige vers sa chambre et me demande de lui porter un thé, je m’exécute et je lui pose sur une petite étagère basse qui sert de servante. Il m’invite pour une méditation guidée, il s’assoit sur son lit, je me mets sur les genoux devant lui.

« Regarde mes yeux ».

Je fixe un œil, et essaie de rester concentré, de ne pas bouger le regard, ni de fermer les paupières, le temps est long. Il doit bien avoir un but à cet exercice, mais là, j’ai du mal à ressentir quoi que ce soit. Il respire très profondément son regard est profond, les pupilles très noires, il insiste. Je reste immobile ma vue se trouble, je fais appel à la patience que les exercices d’aikishintaiso m’ont enseigné… Ma vue se dédouble, l’atmosphère change, une impression de fraîcheur et je vois, derrière son visage qui s’efface, cet homme qui me regarde le visage éclatant de lumière, la barbe très blanche, les cheveux longs, les traits fins, il me sourit agréablement. Ne rien changer à mon comportement, s’imprégner de cet instant, observateur impassible d’un phénomène irréel. 20 s peut être 1 min l’image m’échappe… je la retrouve, puis le visage de Swamiji la remplace.

– « Comment tu te sens ? »

– « Swami, j’ai vu un autre homme… Ce n’était pas ton visage… qui était-il ?

– « … Jésus… ».

Au cours du stage de la même façon j’aurais 3 autres « visions » avec des personnages différents, suite à l’une d’elles il me donnera des explications :

«  C’est en toi, ce sont des images que l’on peut révéler. L’expérience est une chose nécessaire pour pouvoir prendre conscience des choses, mais elle est transitoire et doit le rester. Tu ne dois pas t’arrêter à ce genre de choses sinon elles enfermeront ton esprit et tu en seras prisonnier. Je peux être ceci, je peux être cela, ça n’a aucune importance. Je suis toi, je suis moi, nous faisons partie du tout, de l’équilibre d’une grande unité, quand tu sers ton égo tu fais souffrir l’ensemble, quand tu suis ton guide intérieur, tu sers l’univers. C’est ton devoir. Je sais tout, mais je ne sais rien, je suis au service du divin. Le divin est en chacun de nous, c’est en toi qu’il faut le trouver, dans ton cœur… »

Ce soir-là je rejoindrais ma chambre qui fait face à la sienne, avec un sentiment de bonheur et de bien-être, des éléments de réponse et de nouvelles questions…

Le lendemain après le Darshan, vers 18 h je lui pose sur la tablette le thé qu’il m’a commandé et lui demande s’il a besoin d’autre chose :

– « Hum… peut-être que tu pourrais me masser les mollets… »

– «  Heu oui, mais je ne sais pas très bien masser…

– «  Ok, ce n’est rien, tu peux sortir. »

Je me rends dans ma chambre, le mental perturbé, pourquoi ai-je dit cela, s’il me l’a demandé, c’est que je pouvais très bien m’en sortir, c’était une chance… Je vais aller taper à sa chambre pour lui dire que j’aimerais bien essayer, mais ça ne se fait peut-être pas… Bon, je vais redescendre l’occasion se représentera. J’ouvre ma porte, lui se tient debout sur le pas de la sienne :

– « Alors ? »

– «  Swami, je veux bien essayer de masser vos mollets ».

Encore une coïncidence ? Servir sera mon rôle tout au long du stage, je le remplirais avec dévouement. De temps à autre je bénéficierais d’intervention particulière du maître. Je profiterais de cette promiscuité pour poser une question :

– « Swami, je veux suivre ma voie, je pratique les arts martiaux, mais je ne sais pas si c’est juste pour moi, si c’est le bon moyen »

– « Ce n’est pas le moyen qui compte, ce qui est important c’est de faire de ta vie la voie, qu’elle soit le moindre geste et la moindre pensée. Engage-toi envers toi-même, honnêtement et sans compromis et ainsi tu feras ta connaissance »

– « Y a-t-il quelque chose que je puisse faire, une pratique ou des exercices ? »

– « … Je possède trois Ashram en inde, j’ai beaucoup de travail là-bas, tu pourrais venir faire du service pour moi. Tu pourrais être un dévot et te donnerais des enseignements… Ne t’inquiète pas pour ta famille tu pourras veiller sur eux, ce n’est pas incompatible avec ta quête spirituelle. »

Une fois de plus il répond à mes interrogations sans que je pose la question. Il continue :

– « Certaines personnes ont du temps de libre, il est possible de travailler et de veiller sur sa famille une partie de l’année, et de prendre des cours le reste du temps ça ne pose pas de problèmes. »

– « Merci, Swami je vais y réfléchir et en parler à mes proches. Je pourrais peut-être me rendre disponible pour venir le mois de novembre prochain. »

A suivre…

Pour lire le Chapitre 1

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